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Pleilière du 19 décembre 2002 Après Johannesbourg ? par
mise en ligne: vendredi 4 avril 2003
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Le sommaire de la lettre du mois :
numero 9 de la lettre - en mars 2003
Vers quelle Europe
par
Les services publics
par
La politique agricole commune et l’Europe
par
La politique économique et monétaire
par ,
La politique étrangère et la politique de défense par Fadila Amrani
par
Après Johannesbourg ?
par
Citoyens et Consommateurs
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Un sommet pour presque rien, dont l’échec était prévu et annoncé
Déception, voire exaspération, telles furent les impressions laissées par cette réunion de Johannesburg au cours de laquelle il fut donné de constater le creusement croissant de l’écart entre les discours et les actes. Ceci est d’autant plus frustrant que, après le 11 septembre, on n’avait pas le droit de réunir plus de 100 chefs d’Etat pour rien ; une avancée sérieuse dans la voie du développement durable étant la seule réponse radicale aux dérives de l’islamisme.
Or qu’a-t-on vu à Johannesbourg ? Beaucoup de présentations des firmes multinationales qui ressemblaient à des publicités ou à des recherches de marchés et qui ont mis en lumière le déséquilibre inquiétant entre les moyens déployés par ces firmes et ceux, beaucoup plus restreints, dont disposait l’ONU.
L’échec que l’on enregistre sur le chemin de la transition vers le développement durable était prévisible car :
Or on ne fera jamais de développement durable si l’on ne régule pas sérieusement les marchés. A Johannesbourg, en tant qu’européens, nous avons perdu une occasion unique de proposer une modification de l’ordre économique international et une relance de « l’économie mixte ». Ignacy Sachs rappelle ensuite les enjeux du développement durable :
Tout cela n’était pas à l’ordre du jour de Johannesbourg, trop chargé en termes d’environnement et pas assez en termes de développement ( cf. le discours d’Indira Gandhi à Stockholm ), malgré le titre de principe de la Conférence dévolue au développement durable. 3 Jean-Loup Motchane pense, pour sa part, que les solutions sont connues et ont été développées par J.Stiglitz et M.Tobin, entre autres. Il était facile de montrer comment le « Consensus de Washington » menait à des catastrophes. Le concept de l’aide au développement est « tombé » avec le « Mur de Berlin » quand les Pays en Voie de Développement ont cessé de constituer un enjeu. L’objectif du 0,7% n’est pas un problème en soi pour les pays riches : la difficulté est d’ordre politique. Ignacy Sachs a fait ensuite quelques remarques concernant le traitement du développement durable en France. Sous le gouvernement socialiste, la problématique en a été transférée du Premier Ministre au Ministère de l’Environnement. Jacques Chirac a repris, à son compte, l’idée du couplage de l’environnement avec le développement durable en créant un Ministère de l’Ecologie doté d’un Secrétariat du Développement Durable. Le même Jacques Chirac a réuni, avant Johannesbourg, un groupe de travail et s’est montré passionné par le sujet. Aujourd’hui, on peut dire que le caractère transversal du concept a été compris, comme en témoignent l’initiative d’un séminaire gouvernemental créant un Comité Interministériel et l’annonce de la mise en place d’un Conseil National du Développement Durable auprès du Premier Ministre. Le message a donc été reçu à l’Elysée. Reste à savoir ce que l’on fera, concrètement, au niveau national et au niveau international, notamment dans le cadre de l’élargissement de l’Union Européenne qui deviendra de ce fait la principale puissance économique du monde et pourra initier une action en faveur du développement durable sans avoir besoin de se préoccuper de ce que font les autres partenaires. En conclusion, Ignacy Sachs préconise l’élaboration d’un nouveau concept Nord-Sud fondé sur l’idée du co-développement. Rappelant que l’objectif d’aide fixé à Rio de porter celle-ci à 0,7% du PNB (mondial) n’a pas été tenu, il a souligné qu’un renversement de la tendance ( et la mise en place d’un plan en faveur du Sud ) étai(en)t dans l’intérêt bien compris des pays du Nord. La discussion s’engage. Bernard Wolfer pense qu’il convient de nuancer le qualificatif d’échec appliqué à Johannesbourg : si les Etats Unis ont été blâmés pour leur attitude concernant les changements climatiques, en revanche, les contacts établis entre les ONG ont été fructueux en permettant de pousser la critique des errements actuels beaucoup plus loin qu’auparavant. Mais il considère, lui aussi, que l’Europe, handicapée par sa défense de la PAC, a manqué là une occasion. Jean-Pierre Airupt ( Gauche Moderne ), après avoir souligné le contraste entre le caractère optimiste des propositions et le caractère pessimiste des solutions, pose une question double :
Jean Chesneaux, pour sa part, pense que le rôle de l’Etat est au cœur du problème. Il faut clairement une volonté de l’Etat. « Comment le bon vieux gendarme peut-il reprendre du service ? » Il faut repenser le système des Etats comme mode de régulation de la société mondiale. Ignacy Sachs, en conclusion, fait un rappel historique. Après la Seconde Guerre Mondiale, on s’est trouvé en présence de trois systèmes co-existant :
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