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Pleinière du 9 décembre 2008 Quelle évolution du leadership américain ? par
mise en ligne: samedi 21 mars 2009
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« Les enjeux stratégiques de la mer »
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Le sommaire de la lettre du mois :
lettre N° 24, mars avril 2009
Ramener le système financier mondial à ses missions fondamentales
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Comment sortir de la crise ?
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Où va la Russie ?
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Quelle évolution du leadership américain ?
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Dépasser le capitalisme
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Plénière du 9 décembre 2008 avec Susan George ancien membre du Cercle Condorcet de Paris Présidente d’honneur d’ATTAC France Présidente du conseil du Transnational Institute à Amsterdam Quelle Evolution du Leadership Américain ?La campagne de Barack Obama puis son élection comme Président des Etats Unis ont suscité un fort engouement en Europe et dans le Monde. Toutefois, une analyse plus précise de l’élection Américaine, de l’état des Etats Unis et des premières décisions de Barack Obama doit être réalisée pour, au-delà de l’émotionnel, essayer de comprendre et de prévoir l’attitude des Etats Unis dans le prochaines années. Ceci permettra aussi de répondre à la question sur l’évolution du leadership Américain : en effet, si la façon de gérer les affaires du monde de George Walter Bush était exécrable, une situation où les Etats Unis seraient trop faibles ou complètement repliés sur eux-mêmes ne serait pas forcément bonne. I-Quelques éléments sur l’élection Américaine Malgré un certain absentéisme républicain dans les états acquis d’avance aux républicains, le taux de participation de 61% a été très supérieur aux taux habituels (environ 50%). Ceci est en partie le résultat des campagnes des démocrates pour que les jeunes en général et surtout les jeunes des minorités s’inscrivent sur les listes électorales puis aillent voter. Le système Américain de vote par Etat et de désignation de grands électeurs grossit énormément les différences. Barack Obama a gagné environ les deux-tiers des grands électeurs (il aurait pu se passer du gain de l’Etat de New York et de la Californie) malgré une victoire beaucoup plus limitée en nombre de voix : 52,6% du « vote populaire ». Cette victoire, certes claire et forte, ne traduit pas un raz-de-marée démocrate après huit années de présidence GW Bush. Ceci montre que l’élection aurait pu être beaucoup plus serrée si Mc Cain avait mieux choisi son colistier et surtout si la crise financière n’avait pas éclaté en septembre (l’élection se serait alors plus jouée sur des thèmes de politique étrangère et de sécurité). L’analyse plus fine des résultats montre un raz-de-marée de Barack Obama chez les Noirs mais aussi une très forte victoire chez les Latinos (ce qui était moins attendu). En revanche, les Blancs ont majoritairement voté Mc Cain avec notamment une majorité de 58% du vote des Blancs avec un niveau de formation limitée (baccalauréat ou moins). Aux USA, le vote est donc plus souvent fondé sur des considérations culturelles ou religieuses que sur des intérêts économiques . II- Les Travaux d’Hercule de Barack Obama Après 20 ans de présidences républicaines et 30 ans de révolution conservatrice, très légèrement atténuée par les présidences Clinton, les USA se trouvent dans un état catastrophique dans de nombreux domaines : L’éducation :
La Santé Le système de santé Américain coûte environ 16% du PIB et les coûts on crû 4 fois plus vite que les salaires mais :
Energies et infrastructures La part des énergies alternatives est encore très limitée (fort lobby pétrolier) et de nombreuses infrastructures (énergie, routes et autoroutes, voies ferrées, …) sont en mauvais état ou doivent être développées quantitativement. Militaire/Géopolitique Malgré la dépense de centaines de milliards de dollars, la situation en Irak reste difficile et celle de l’Afghanistan se dégrade. La présidence Bush avait relégué le conflit Israélo/Palestinien au bas de son agenda sans comprendre que c’était un point clé à résoudre. Sous l’influence de l’AIPAC (American Israeli Public Affair Committee), lobby juif conservateur, GW. Bush a laissé les mains libres aux Israéliens : il n’a donc pu se positionner ni en arbitre ni en facilitateur. Enfin, la situation au Pakistan se détériore chaque jour et les Islamistes cherchent à torpiller le radoucissement des relations avec l’Inde. Institutions/Juridique La longue présence républicaine à la tête des Etats Unis a permis aux conservateurs de réaliser des nominations importantes :
Le poids des lobbies s’est renforcé : Barack Obama a dû donner des gages à la NRA (lobby des armes à feu) pendant sa campagne. Enfin, le système de financement des campagnes par des dons privés a permis à Barack Obama de recevoir beaucoup de petits dons de particuliers ou de dons plus substantiels d’acteurs mais il a reçu un soutien significatif du monde de la banque et des affaires. La situation des Etats Unis était déjà mauvaise avant que la crise financière, puis la crise économique ne s’abattent sur le pays. Il va donc falloir à Barack Obama beaucoup de courage politique et de savoir-faire pour renverser les effets de la révolution conservatrice. Les Etats Unis sont devenus une société de classes bien distinctes avec des inégalités croissantes (l’ascenseur social, pilier de la démocratie Américaine ne fonctionne plus). III- Les ambitions et les premières décisions de Barack Obama Barack Obama arrive, comme tout nouveau président, plein d’ambitions :
Ce programme est très ambitieux et il sera très difficile de tout faire surtout quand on sait que le seul sauvetage des banques coûtera 700 milliards de dollars et que les Etats Unis cumulent des déficits budgétaires et commerciaux colossaux, même s’il peut s’appuyer sur une administration très efficace surtout à l’international. Au-delà des mots prononcés lors de la campagne, les premières décisions de Barack Obama sont ambiguës :
Les nominations de son cabinet peuvent rendre sceptique sur ses chances de réussir :
IV- Conclusion Il est bien entendu trop tôt pour donner un avis sur la présidence Obama, mais il hérite d’un tel ensemble de problèmes avec des moyens financiers si limités (et fortement dépendants de la Chine) qu’un succès total de sa part est peu probable. L’équipe qu’il est en train de se choisir est expérimentée (pour compenser son inexpérience) mais elle risque de ne pas favoriser des solutions permettant aux USA de vraiment rebondir : réguler le système financier et le mettre au service de l’économie, cesser de vivre à crédit, cesser de gaspiller l’énergie, développer le « Clean Tech » et la recherche , … tout en menant une politique étrangère plus équilibrée (acceptation du multilatéralisme, position plus impartiale au Moyen Orient, amélioration des rapports avec la Russie, …). En outre, les Républicains ne lui faciliteront pas la tâche dès, qu’ils le pourront. Barack Obama a donc suscité un fort enthousiasme qui risque d’être déçu notamment en Europe. On peut alors se demander si les Européens ne doivent pas suivre la recommandation d’Hubert Védrine : définir des sujets de coopération avec les USA sur lesquels les Européens seraient unis et les promouvoir très rapidement auprès de la nouvelle Administration Américaine tant qu’elle n’a pas fini de définir sa ligne politique et son agenda. Ceci serait aussi positif pour Barack Obama qui trouverait là un support pour imposer sa ligne à son équipe et aux USA. Synthèse par Michel Cabirol |
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